L’accélération de nos vies modernes est telle que le temps ne se mesure plus aujourd’hui comme il se mesurait hier... Le temps change.
L’exposition Tout s’écoule, rien ne reste tel fait entrer en résonance une trentaine d’oeuvres de la collection du Frac des Pays de la Loire qui se déploient dans les différents espaces de L’espal sous la forme d’un parcours.
Poser la question du temps se révèle riche d’interrogations sur l’homme et la nature, le devenir, la vie et la mort. Évoquant le mouvement incessant au coeur du cycle naturel, Giuseppe Penone semble faire sien le célèbre adage : « Panta rei » : Tout s’écoule, rien ne reste tel. Face à ce constat d’impuissance de l’homme à interrompre le cours des choses, à figer ou même dilater le temps, décélérer s’offre comme un choix possible.
Devant le spectacle que propose l’oeuvre de David Medalla (une sublime machine à produire de la mousse) nous ne pouvons qu’être happés par le ballet d’un mouvement perpétuel, par l’éclosion et l’évanouissement de sculptures éphémères. La lenteur minérale de formation de cette matière fragile évoque la vie elle- même dans chacun de ses moments (naissance, croissance,disparition).
Telle une vanité (l’exposition en rassemble de nombreuses) qui permet à l’homme de prendre la mesure de son temps et de réinvestir le mode présent.
« Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais
mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »
Pascal, Pensées, posth., II, 172













