L'espal - théâtre du Mans - scène conventionnée

  • zoomMasque bleu © Antoni Ros Blasco
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Masque bleu © Antoni Ros Blasco
  • zoom(détail) Grand  oiseau, 2008, huile sur toile,200x150 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Grand oiseau, 2008, huile sur toile,200x150 cm
  • zoom(détail) cactus, 2005, huile sur toile, 200x150 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) cactus, 2005, huile sur toile, 200x150 cm
  • zoom(détail) Sans titre, 2004, huile sur toile, 195x 130 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Sans titre, 2004, huile sur toile, 195x 130 cm
  • zoom(détail) Arbre de lumière, 2008, huile sur toile, 100x 81 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Arbre de lumière, 2008, huile sur toile, 100x 81 cm
  • zoom(détail) Sans titre, 2008, huile sur toile, 92x73 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Sans titre, 2008, huile sur toile, 92x73 cm
  • zoom(détail) L_'attente. 2009, huile sur toile,  146x114 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) L_'attente. 2009, huile sur toile, 146x114 cm
  • zoom(détail) Personnage mythique 2, 2009, 200x150 cm
    Antoni Ros Blasco - Peintures (détail) Personnage mythique 2, 2009, 200x150 cm

Antoni Ros Blasco

Peintures

Présentation

Antoni Ros Blasco fait partie de ces artistes dont l’oeuvre ne se donne pas d’emblée. Elle se découvre, s’apprivoise par couche successives. Ce qui frappe c’est un langage pictural d’une extrême sobriété. « La restriction à (presque) une seule couleur ou au seul noir et blanc nous fait accéder plus facilement à la dimension symbolique de la peinture ». Il confronte ou associe le charme de la matière de couleurs primitives (noir, ocre jaune et ocre rouge) à la rigueur des formes géométriques pour nous révéler un essentiel.

Au coeur d’une nuit sombre et opaque, surgissent des silhouettes lumineuses au tracé épuré. Loin d’être figées, ces figures surgissent de la toile dans un mouvement d’éclat.

 

Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012
Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012
Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012 Exposition Antoni Ros Blasco - Espal 2012

 

« L’oeuvre de Ros Blasco, hautement symbolique s’origine dans la pensée mythique. Comme elle bipolaire, elle se joue des contraires. D’un côté la nuit, l’enfer, de l’autre la vie, la lumière, l’esprit. L’angoisse de l’homme primitif devant les mystères de la vie, devant l’incompréhension du cosmos, n’est pas si éloignée de celle de l’homme moderne, malgré... Et à cause des avancées de la science. Ce dernier s’interroge toujours sur ses origines, et reste soucieux de son avenir en tant qu’espèce et de celui de la Planète-Terre. Le soleil suspendu continuera-t-il de briller ? (…) Dans son universalité, la simplicité formelle de ses symboles, l’oeuvre de Ros Blasco  exprime le tragique de la condition humaine et apparaît comme une épure, un élan vers la lumière, l’esprit. » Maryvonne Georget

 

Brunch et visites guidées

Brunch et visites guidées

visites guidées --> Le mardi 24 avril - 17h30



Les visites guidées
Pour les groupes associatifs et les établissements scolaires, nous vous proposons une visite guidée avec un médiateur.
Les visites guidées sont gratuites.


Pour les établissements scolaires, nous vous proposons deux temps.

  1. Le jour du vernissage à 17h30, nous organisons une visite guidée pour les enseignants en présence des artistes (sous réserve) et d’un médiateur. Un dossier pédagogique, réalisé conjointement par le conseiller pédagogique en arts visuels, la Médiathèque et le médiateur, est proposé. Vous pouvez le télécharger sur notre site à l’ouverture de l’exposition.
  2. La visite est gratuite, avec ou sans un médiateur,du lundi au vendredi sur rendez-vous auprès de l’accueil. Le médiateur  accompagne la classe dans la découverte des oeuvres. Notre objectif est d’instaurer un dialogue entre les élèves et les oeuvres.
    Nous pouvons aussi adapter la visite selon vos envies et votre projet.


Les dimanches à l’Espal : brunch et visites guidées...
L’équipe vous accueille de 11h à 17h pour visiter seul ou en groupe l’exposition avec les artistes (sous réserve).

Les visites guidées sont programmées à 11h30 et 15h30 et sont sur réservation auprès de l’accueil.

De 12h30 à 13h30, nous vous proposons de passer à table avec un brunch sucré-salé à 5 € concocté par nos soins pour embellir ce dimanche passé ensemble. Merci de réserver 48h à l’avance.


Vous pouvez contacter l'accueil billetterie de l'Espal au 02 43 50 21 50 aux horaires d'ouverture pour toutes demandes de réservation


Le son infini du noir

Le son infini du noir

Par Jean-Pascal Léger


« Parfois je ferme les yeux, je me concentre, c’est la vie qui surgit. Le noir est une condensation, mes peintures sont plutôt des condensations. Dans le noir il y a toutes les couleurs. Des condensations qui prennent la forme d’arbres, d’êtres humains, de totems. Â»


Concentration et condensation. Que retiendra le peintre d’un battement de paupières ou d’un retrait momentané du monde ?

« La lumière noire est plutôt un préambule pour entrer dans une autre lumière qui n’est ni  aveuglante ni insolente. Â»


L’instant créateur franchit la transparence du sommeil. Faire le noir lui ouvre l’envers coloré des choses. L’introduit à une abstraction que peut cadrer et désigner la géométrie des lignes. L’introduit aussi à une plénitude vivante de figures, à une réserve d’abondance. La mémoire et le rêve ne se cachent jamais bien loin, ils parlent de ce côté-ci, avec leurs fantômes - arbres, êtres humains, totems -, du côté des désirs de la nuit. Pour Antoni Ros Blasco, la peinture advient de ce foyer noir du tableau qui est un espace, qui est un temps.
Un espace vide, le noir ? Plutôt un espace de résonance pour des figures sans nom et souvent sans visage qui reviennent en nombre. Temps de retour, temps de revenance.

Dans l’atelier d’Antoni Ros Blasco, une carte postale punaisée au mur depuis longtemps: L’Annonciation de Simone Martini, à Florence. La Vierge réticente se protège dans son manteau de nuit, un triangle de lys (épineux !) la sépare de l’Ange. Est-elle prête à recevoir la parole qui l’atteint comme une flèche ?
A cette figure aigüe de la réticence on pourrait adjoindre une Danse macabre ou une Chute des anges rebelles.

Et si le noir était le nom infini du soir…, le non infini que dit et redit la peinture ?
Dans son atelier, Antoni Ros Blasco me rappelle que le français « maladie Â» peut s’entendre « mal à dire Â».
André Marfaing me disait autrefois, farouche, fier, qu’il peignait pour ne cesser de dire Â« non Â».


                        ___
Par rapport à sa peinture des années 80, Antoni Ros Blasco a le plus souvent débarrassé ses tableaux des effets de matière ou il a isolé ces effets. Il a simultanément dépouillé l’étendue noire jusqu’à l’apparence d’une âpre et hiératique nudité. Il a réduit sa gamme de couleurs jusqu’à la monochromie ou jusqu’à la bichromie pour valoriser un seul rouge, un ocre, un bleu : flammes blanches, larmes noires, flammes rouges. La géométrie des pointes (losanges effilés des têtes, triangles des pendules) efface l’anecdote, elle aussi favorise notre concentration. Elle aide à atteindre la cible (Cible de lumière). Le sens universel.
Car les signes et les Totems que nous découvrons dans ces toiles sont autant d’apparitions de la condition humaine ou de garde-fous d’un espace pictural chargé, dense, habité – symbolique. Le noir (ou la nuit) ouvre l’espace verticalement aux Chutes (Face obscure, Angle droit, Chute rouge, Les revenants) et le temps résonne profondément d’Appels indicibles et de Retours terribles de la mémoire (Retour, Retour vers le passé).
    Le peintre reste volontairement discret sur ce qui, dans son Å“uvre, tient à l’Histoire de Barcelone, de la République espagnole, à la Vérité cachée, donc à l’émotion de son secret. C’est après coup, en commentant parfois ses tableaux ou leurs titres, qu’il lui est arrivé d’en expliciter l’ambivalence. Ainsi de l’Espace infini, ce grand oiseau, terre brune, horizon bleu, qu’il hésita à nommer Pris au piège aussi bien que Liberté !
    Pas d’expressionnisme. Pas de violence directe. Plutôt le spectre d’une attente muette, le terrible, oui, d’une verticalité sans fin, hantise et confrontation, c’est-à-dire d’une chute sans fin (Les revenants, Retour vers le passé).
    Soit à la verticale des grands formats, soit à l’horizontale des polyptyques, il s’agit toutefois de déclinaisons savantes. La série récente des Chutes développe cette fragilité, résistance, variation de la forme. Le corps se creuse, se durcit, se fige ou s’étire, s’allonge, coule, s’évide, se disloque. Guenille, loque, dépouille et non plus trophée. Chute et non plus Gloire ou Emblème.
    A propos de cette déclinaison ou déliaison, j’évoquerai aujourd’hui Matisse peut-être plus que Picasso (si important toujours pour Antoni Ros Blasco et que je pourrais d’ailleurs citer à propos de la Pleureuse). Le peintre des Oiseaux acquiert une souplesse du geste, un délié presque dansant du tracé qui me portent à écrire, aussi, le mot « apaisement Â». Au pays de Gaudi et de Gargallo, le feu ronge les corps, il sculpte les Vanités : Ferraille. La forme pourtant se délie, s’assouplit et la désarticulation nous parle d’ailes et d’anges autant que d’attaches et d’angles… D’ailes qui relient à l’infini autant qu’elles retiennent à la terre. Les titres traduisent alors le plaisir de peindre : Abondance, Equilibre, Naissance…
    La douceur – réticente ? - se tenait en réserve de la nuit, dans la paume d’un Appel, dans l’inclinaison, ou inclination, du cylindre d’un corps qui sort de la nuit ou qui se penche vers elle (Le bien-aimé).
    C’est une intime articulation « selon l’angle, selon le penchant de son existence Â» (Paul Celan).

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