Identité, mémoire, nostalgie. Ces trois mots sont en filigrane de la dernière création de Serge Ricci. Ils sont à l’origine de ce spectacle en deux volets.
Au bord de l’oubli réunit Serge Ricci et Brigitte Asselineau autour d’un duo. Ils se donnent rendez-vous pour partager leurs mémoires d’interprètes et explorer ensemble le processus de construction du souvenir. Danser encore et toujours avec un appétit, un désir intact, malgré le temps qui passe. L’oubli est là tout proche, tout autour d’eux. Les corps se cherchent, se rencontrent, l’un met à jour l’autre, l’éclaire puis s’efface. Sur le plateau, le rythme est ponctué par un double métronome de lumière, balancier reflétant le mouvement imperturbable du temps.
Puis vient la seconde partie, Là où rien du coeur ne se perd, composé d’un quatuor. Quatre jeunes interprètes s’interrogent dans un mise à l’épreuve de la mémoire. Mémoires individuelles et collectives, trajectoires réelles et fantasmées, réappropriation de la parole de l’autre pour faire naître une parole qui circule, comme une mélodie. Les danseurs murmurent un texte, narration à quatre voix qui devient pulsation. Peu à peu, ils ne forment plus qu’une même entité, celle d’une communauté unie devenue un organe, un coeur. Ce coeur bat, vibre, rayonne, se décompose et se recompose sans cesse.
Dans cette création, Serge Ricci et Fabien Almakiewicz nous plongent dans un univers d’images, de métamorphoses, d’apparitions et de disparitions, éveillant nos perceptions sensorielles, temporelles et mémorielles. Comme Ulysse, nous allons traverser des paysages, des histoires, des mythologies puis revenir au port, plein d’espace et de temps.
































